| Le requin, ce « seigneur » méconnu |
| L’Association pour la sauvegarde de la nature néo-calédonienne (ASNNC) a décidé de profiter de son assemblée générale, le 1er avril prochain, pour projeter Les seigneurs de la mer, un film de Rob Stewart sur les requins. « Chaque année, nous profitons de notre assemblée générale pour projeter un film, explique Jean-Louis d’Auzon, le président de l’Association pour la sauvegarde de la nature néo-calédonienne. Il se trouve que cette année, il s’agit d’un film sur les requins. Même si c’est le fait du hasard, ça tombe très bien à un moment où l’on en parle beaucoup et souvent de façon inexacte. Il faut arrêter de les diaboliser et comprendre ce qui se passe exactement. » Le film dont parle Jean-Louis d’Auzon, Les seigneurs de la mer (Sharkwater en anglais), a été récompensé de cinq prix et grandement apprécié. Il sera diffusé le 1er avril, en entrée libre, dans la salle d’honneur de la mairie de Nouméa. L’occasion pour les Calédoniens de découvrir « des images sublimes et spectaculaires pour un film réussi et engagé », selon les termes mêmes de ceux qui ont déjà pu le visionner. Le documentaire séduit parce que, comme le précisent nombre de critiques spécialisés, « au-delà de superbes images, c’est bel et bien de développement durable dont parle le film ». Et puis parce qu’il raconte, avec force images aussi inédites qu’époustouflantes, comment, des dernières réserves du Costa Rica jusqu’aux îles Galapagos en passant par le Guatemala, Rob Stewart et l’équipage de l’activiste des mers Paul Watson tentent de mettre en échec les braconniers à la solde de mafias asiatiques soutenues par des gouvernements corrompus. « Il y va de l’équilibre écologique de la planète », expliquent les auteurs quand on leur demande les raisons de leur engagement. « Il faut arrêter de les diaboliser et comprendre ce qui se passe exactement » Un équilibre dangereusement compromis en ce qui concerne les squales… Apparu il y a 400 millions d’années, soit 150 millions d’années avant les dinosaures, le requin est parfaitement adapté à son milieu. Et parfaitement méconnu. Car même s’il est, hélas, la cause du décès de cinq personnes par an, il n’est pas plus meurtrier que les crocodiles qui, eux, sont protégés, que les éléphants ou les tigres (100 personnes tuées par an) ou que les accidents de la route (1,2 million de victimes par an dans le monde). Il reste pourtant la bête noire des nageurs et autres amateurs de sport nautique tout autant que la victime privilégiée des chasseurs d’ailerons, un ingrédient de choix dans la cuisine chinoise. Près de 100 millions d’entre eux disparaissent chaque année, ce qui annonce leur disparition à très court terme si rien n’est fait pour les sauver. Pour mieux connaître cet animal aussi fascinant que terrifiant, il faut aller voir les images tournées par Rob Stewart. Des images où l’on voit le jeune biologiste canadien nager et jouer avec les requins, les caresser, et cela sans aucun trucage. A une époque où 90 % des squales, dans le monde, auraient déjà disparu, la Nouvelle-Calédonie, malgré le drame qu’elle vient de vivre à Bourail (un jeune surfeur est décédé des suites d’une attaque de requin), a un rôle à jouer pour préserver une espèce indispensable à l’équilibre de la planète. Christine Allix Les seigneurs de la mer, le mercredi 1er avril, à 20 heures, dans la salle d’honneur de la mairie de Nouméa, à l’issue de l’assemblée générale de l’Association pour la sauvegarde de la nature néo-calédonienne. Entrée libre. LNC du 25 3 2009 |